Rencontre avec George Blottin, Fondateur d’Ionbird : « C’est comme si vous étiez conseillé par votre meilleur ami. »

Rencontre avec George Blottin, Fondateur d’Ionbird : « C’est comme si vous étiez conseillé par votre meilleur ami. »

Bonjour George Blottin, s’il vous plaît est-ce que vous pourriez nous en dire un peu plus sur votre parcours et sur Ionbird, la société de paramoteurs électriques que vous avez créée ?

Mon parcours ? Ça fait longtemps que je travaille ! Je suis autodidacte, passionné d’aviation – j’ai fait plein de métiers : pompier d’aéroport, facility manager, et plein d’autres choses. J’ai passé mes quinze dernières années de salarié auprès d’Air Littoral puis de l’École Supérieure des Métiers de l’Aéronautique. J’étais dans la planification puis Responsable des Infrastructures. 

Un moteur, la passion de l’aéronautique

Et puis il y a 5 ans j’ai souhaité reprendre une activité dans ce qui me plaît, le vol libre, et puis aussi créer quelque chose. Pas une école de parapente car je l’avais déjà fait, ni une école de paramoteur comme il en existe déjà beaucoup. Ce qui m’intéressait dès le départ, c’était l’électrique. Je suivais le développement de ces machines depuis un moment. Certains paramoteurs électriques commençaient à « tenir la route » ; j’ai décidé alors de prendre le contre-pied de ce qui existait.

Il n’y avait que des machines « sur étagère » à 15.000€ (c’est-à-dire des machines qu’on achète sans pouvoir les essayer)  donc difficiles à vendre et considérées comme des prototypes.

J’ai voulu démontrer qu’il était possible de se servir tous les jours de l’électrique et j’ai donc créé une école de paramoteurs 100% électriques.

Vous enseignez dans votre école ? 

Bien sûr ! En fait, j’ai un brevet d’État Parapente depuis… de très nombreuses années ! En arrivant de Paris, un peu par hasard, j’avais toujours ce rêve de voler et j’ai trouvé une école de parapente ici, près de Montpellier. Six mois après, j’ai quitté mon boulot de l’époque et deux ans après j’étais moniteur. J’ai fait une dizaine d’années d’enseignement dans le parapente, mais quand on travaille 6 mois par an, ce n’est pas toujours évident de gagner sa vie correctement (à moins d’avoir plusieurs spécialités). Finalement, c’est un mode de vie. En arrivant dans cette région, je me suis fait des amis, et j’ai découvert qu’ils ne gagnaient pas beaucoup… Mais qu’ils étaient heureux ! Ça a été comme une révélation pour moi qui arrivais de la capitale, qui étais passé par l’armée. J’ai réalisé qu’il y avait d’autres voies possibles que travailler d’arrache-pied, être très carré dans ce qu’on fait… J’ai vécu ma passion du parapente jusqu’au bout, et ça a changé ma vie ! 

Quand j’ai changé de travail par la suite, c’était toujours dans des métiers proches de l’aviation, mais pas dans des spécialités de volant. J’ai quand même réussi à  toujours conserver ce contact avec le vol. 

Ionbird, précurseur en paramoteurs électriques

Vous êtes un précurseur ?

J’ai doublé Airbus, qui voulait lancer la première école de formation sur électrique ! Ils ne l’ont pas fait, et moi je l’ai fait… Ça a bien fonctionné forcément : étant seul sur le créneau, j’ai eu une excellente visibilité. Le but était aussi de prouver que les paramoteurs électriques étaient fiables – et ça a fonctionné. Dix ans auparavant, il y avait eu des paramoteurs électriques mais très chers et avec peu d’autonomie donc rapidement les gens s’en sont désintéressés. Ils rencontraient aussi trop de problèmes avec des prototypes qui ne fonctionnaient pas. 

Mais le fait de s’en servir en école, d’avoir un certain nombre d’exigences en termes de robustesse, de puissance… ça a permis d’être vraiment au point. J’ai travaillé à partir de machines existantes, avec pour objectif au départ de servir de centre de test pour les paramoteurs électriques de différentes marques. Rapidement, je me suis aperçu que les machines existantes ne répondaient pas à mes attentes pour l’enseignement. Lors d’un salon, j’ai exposé cette difficulté à une personne qui regardait mes machines et c’est ainsi que j’ai rencontré Francis Deborde. Lui aussi pilote parapente et paramoteur et il m’a dit : « Ces machines, je sais les faire. » 

Francis Deborde, sous-traitant Airbus avec une belle entreprise (9-10 personnes), franchement je ne pensais pas qu’il me rappellerait, mais en fait si. On a décidé de ne pas former une société et on s’est appuyé sur son entreprise  pour commercialiser les premiers paramoteurs. Ça nous a évité des frais dans la mesure où on ne s’attendait pas à faire du volume. On a démarré comme ça, sur un gentlemen agreement, et on a commencé à produire les machines sous la marque Exomo, que nous avons déposée. On a produit une vingtaine de machines en 3-4 ans qu’on a toutes vendues à l’unité mais avec toutes les contraintes inhérentes : peu de volume, un prix élevé, des délais importants… 

Le constat au bout de 4 ans était que commercialement on ne pouvait pas continuer comme ça avec une production quasiment unitaire. Le bilan était le suivant : une marque avec déjà une certaine notoriété, la fiabilité reconnue d’un sous-traitant Airbus, une machine qui fonctionne bien, un SAV efficace, mais pas de possibilité de produire en quantité suffisante et surtout sans garantie de pouvoir vendre les paramoteurs. On ne se sentait pas les reins assez solides pour franchir le pas, mais suffisamment sûrs de nous pour transmettre à quelqu’un capable d’industrialiser la production.  

C’est à ce moment-là que vous aviez ressenti le besoin d’être accompagné ?

J’ai partagé l’état de notre réflexion avec un ami qui dirige Studio Gazoline, une société de marketing Internet à Montpellier et qui nous avait déjà aidé pour la marque Exomo. C’est lui qui m’a parlé de Changeons d’Allure avec qui il était déjà en relation pour sa propre entreprise. Quand j’ai rencontré Vick Hayford, je lui ai exposé la problématique et mon intention de trouver quelqu’un qui puisse nous racheter les droits, la marque, le savoir-faire. Et Vick m’a répondu « Non, ce n’est pas possible, au mieux, quelqu’un achète une machine, la copie et lance son truc. »

Changeons d’Allure, un accompagnement global à dimension humaine

Rapidement, Vick m’a dit que le seul moyen de continuer l’histoire et de tirer parti de notre investissement – car nous avions déjà investi du temps et de l’argent – c’était de prendre les choses en main et de foncer. Francis Deborde était déjà bien occupé avec sa propre boîte et dans son analyse de la situation, Vick a mis en évidence ma position de leader dans le projet. 

L’approche de Changeons d’Allure ne concerne donc pas seulement l’aspect business. L’idée c’est aussi de comprendre comment les choses s’organisent, quelle est la place de chacun ?

Oui, c’est cela, la place de chacun, ce que l’on souhaitait faire, quelle direction prendre… Personnellement, je n’avais jamais créé de société, je n’étais pas trop partant pour monter ma boite. J’ai toujours été un excellent employé, mais pas un entrepreneur. Dans mon parcours, j’ai toujours eu des responsabilités, encadré des gens mais créer une société avec tout ce que ça implique, ce n’était pas forcément mon truc. Pendant un certain temps j’ai dit : ça m’intéresse pas, on va trouver une solution. Le temps passant, on s’apercevait bien qu’on n’en trouvait pas. 

Vous étiez dans une impasse ?

Ne pas parvenir à produire plus, c’était une impasse. C’était une chance unique d’être à l’avant-garde d’une innovation technique : si l’on y regarde de plus près, c’est le premier ULM électrique commercialisé et quasiment le premier aéronef électrique utilisé en formation. C’est le début d’une évolution historique. J’ai rencontré depuis des entités plutôt conséquentes dans le domaine de l’aviation, des personnes qui travaillent pour l’aviation commerciale et je leur dis « vous savez Airbus n’a pas commencé par Airbus… L’aviation, ça a démarré avec deux gars sur un bord de plage avec des roues de vélo et un moteur de je ne sais quoi dessus… ». Alors cette histoire, j’avais envie qu’elle continue.

Vick Hayford m’a dit qu’il m’accompagnerait. 

Vous étiez en tout cas au moins trois à y croire !

Oui et non, au début, j’ai dit à mon collègue que j’allais créer une société en faisant 50-50, mais on m’a dit que ce n’était pas possible, une société bicéphale, ça ne pouvait pas fonctionner. Chacun avait ses idées, il fallait faire différemment. Ça été compliqué. Petit à petit j’ai réalisé que je serai le patron de la nouvelle boîte, je ne pouvais pas faire autrement car c’était moi qui portais l’idée. Francis Deborde était leader dans le domaine technique, c’était aussi lui portait la partie financière du projet et là il se sentait un peu dépossédé de cette aventure. Il a fallu que j’arrive à le convaincre que la seule façon de continuer à faire fructifier ce qu’on avait initié, c’était en prenant les rênes et que j’étais le seul à pouvoir porter ça. Pendant un temps, la situation a été assez tendue, il a fallu beaucoup négocier.

Et durant cette phase, quel a été le rôle de Changeons d’Allure ?

Au bout d’un moment, j’ai dit à Vick « ok j’ai compris on y va. » Mais il était important pour moi, pour l’histoire de la société et asseoir notre marque commune sur les bases existantes, de ne pas repartir de zéro. Il a fallu faire des compromis, négocier pendant des mois… Vick a rencontré Francis, ce n’était pas facile mais on a fini par trouver un arrangement acceptable. Francis a reçu une part de la société, il a mis sa part de notre marque Exomo dans Ionbird, je l’ai conforté dans son rôle de fournisseur principal pour la nouvelle société et lui ai cédé des droits sur un modèle pour le rassurer sur le fait que je n’allais pas partir en Pologne…

Et c’est parti comme ça… Dès le départ Franck Oliver qui travaillait avec nous depuis 3 ans sur le marketing a pris aussi des parts. Donc au début on est parti à 3.

Quel a été l’élément déterminant dans cette création ?

Sans Vick, je n’aurais certainement pas créé la société. Je suis accompagné par plusieurs structures comme l’École des Mines d’Alès, ADD’OC aussi en partie… Mais il s’agit d’accompagnement de société. Pas de l’accompagnement de la personne qui créé la société… Et la différence est énorme ! La problématique humaine est à prendre en compte, et Vick sait créer les conditions pour que cela fonctionne.

Est-ce que la différence ne vient pas du fait que l’accompagnement a pu se faire en amont, avant que la société existe ?

Absolument, le travail a démarré au moins six mois avant que la société ne soit créée. Avec Vick, rapidement j’ai vu l’intérêt de cet accompagnement sur-mesure : tout de suite me présenter les bonnes personnes, frapper aux bonnes portes, trouver le bon système, choisir les bonnes options … Tout ce qui aurait pu me prendre un temps infini si j’étais resté seul.  Avec Vick, le chemin a été tracé tout droit et les difficultés considérablement aplanies. C’est un avantage considérable !

Notre mission : créer les conditions optimales pour vous faire changer d’allure

Quand on monte une boîte, il faut bien avoir conscience que le plus gros du travail ce n’est pas la société. C’est tout ce qui va avec l’administratif, le juridique, en plus de l’aspect financier. 

Où en êtes-vous aujourd’hui de votre accompagnement par Changeons d’Allure ? 

Après la création de la société, j’ai trouvé des investisseurs, j’ai cherché des subventions. Vick m’a aidé auprès de la banque pour démarrer la production. Seul, j’aurais eu du mal à franchir le pas d’aller voir la banque pour demander 30.000 € les mains dans les poches ! Çe me paraissait totalement improbable… Quand on n’a pas d’argent, on peut vite se retrouver face à des blocages. 

Vick très clairement me sert de caution morale aussi : s’il me présente, c’est qu’il croit au projet. J’ai choisi la banque qu’il m’a conseillé : il connaissait les bons interlocuteurs, avait bien préparé le terrain. C’est ce qui est vraiment extraordinaire dans l’histoire. On a accompli ensemble toute cette première partie, et puis on s’est dit qu’on allait continuer. 

Aujourd’hui, j’ai de nouveaux objectifs, je cherche des personnes ressources pour avancer. Le projet lors de cette nouvelle étape est d’aller aux États-Unis. Le simple fait d’avoir proposé une partie de notre site internet en langue anglo-américaine suscite 40% de visites depuis les USA. Cela signifie que si l’on fait la démarche d’aller là-bas pour s’implanter, nous avons de grandes chances de succès. 

Pour ma part c’est très clair, je ne me vois pas m’y installer, ni entamer des démarches commerciales dans un pays étranger. J’ai donc missionné Vick pour écrire la suite de l’histoire, c’est-à-dire trouver les moyens financiers, commerciaux et éventuellement techniques de continuer à développer l’entreprise. De mon côté, je me concentre sur mon job depuis le début : m’occuper de la production conformément aux attentes du marché, convaincre les investisseurs, faire vivre la société. J’ai demandé à Vick de trouver les personnes susceptibles d’investir dans l’expansion de la société pour pouvoir accélérer sérieusement. 

Les bases sont posées, ça fonctionne, j’ai déjà des pré-réservations sur les ventes de la machine. Pour arriver à vendre suffisamment, il faudrait à la fois industrialiser la production et concevoir le produit spécifique industrialisable. Il nous faut une machine plus simple à monter car c’est ce coût de la main-d’œuvre qui augmente considérablement le prix. L’objectif, c’est de concevoir une machine qui puisse être montée en une matinée. C’est le premier levier pour diminuer le prix, le second étant d’accéder par une mécanique prix / quantité à des tarifs / pièce inférieurs. 

Il est d’ores et déjà prévu d’investir dans des actions de marketing commercial : référencement, campagnes de pub, événementiel… Maintenant, il s’agit d’aller chercher les clients avec une politique commerciale plus construite. Enfin, on mise sur une présentation de la machine un peu différente : il faut considérer que la machine électrique revient au même prix qu’une essence mais que la batterie est à mettre à part. Une batterie à 4.000 € forcément ça plombe les tarifs, mais nous nous engageons sur une garantie longue, 4 ans avec un financement fléché sur 5 ans. Au final, les prix sont comparables avec un paramoteur à essence compte tenu des frais (carburant, entretien, etc.). C’est la même problématique que la voiture électrique : dans le prix, vous achetez la voiture plus le carburant. Il faut donner au client le moyen de se projeter sur le long terme, en limitant au maximum les risques. Il faut quand même réaliser que c’est un produit unique, nous allons être les premiers à mettre une telle machine sur le marché. 

Vous êtes conseillés aussi sur le marketing, en plus de l’objectif de développement à l’étranger ?

La discussion avec Vick est globale. Avec lui, justement, ce sont tous les aspects qui sont pris en compte.

Et les relations avec les autres protagonistes, notamment les accélérateurs ?

Excellente question ! En fait, il n’ont jamais affaire à Vick directement, sauf dans son réseau personnel. Après dans le milieu de l’accompagnement, on trouve parfois des marchands de rêve qui n’ont pas de réelles compétences, les autres accompagnants sont donc assez méfiants. Mais quand on me pose la question de savoir pourquoi j’ai choisi d’être accompagné parallèlement par Changeons d’Allure, je réponds très simplement que c’est indispensable ! Je n’aurais jamais initié la démarche sans ce soutien. 

Un conseil sur-mesure, fondé sur la patience et la bienveillance

Plus qu’un accompagnement, c’est un véritable soutien ?

Absolument ! Parce que des doutes, des interrogations, on en a tous les quinze jours… Et justement on se voit tous les quinze jours, ça tombe bien ! C’est le rythme qui me convient. J’ai passé toute ma vie professionnelle à trouver des solutions pour les autres, donc résoudre les problèmes de tous les jours est facile. Mais je découvre des aspects auxquels je n’ai jamais été confronté. J’avance en trouvant des solutions avec Vick. Il est vrai aussi que je suis un coriace – c’est ma nature. 

En résumé, comment pourriez-vous caractériser l’accompagnement dont vous bénéficiez ?

Cet accompagnement se caractérise d’abord par la bienveillance, l’humain au cœur de l’histoire avec ses défauts et ses qualités. Il a énormément de patience vis-à-vis de personnes comme moi qui se lancent sans forcément connaître les problématiques et qui ont beaucoup d’interrogations. 

Quand on maîtrise bien un sujet, on a souvent tendance à considérer que les autres le maîtrisent aussi or ce n’est pas le cas de Vick. Il se met à tous points de vue au niveau de la personne qu’il a en face. C’est vraiment quelque chose de très positif et ce côté bienveillant se manifeste dans la relation que nous avons construite. 

On a établi un contrat, je lui paye des honoraires mais il n’y a pas que que le volet entrepreneurial. Pour moi ce n’est qu’une partie de l’histoire.

L’autre partie c’est la relation humaine et son attention très régulière qui me permet d’avancer avec quelqu’un à qui je peux faire confiance. C’est comme si vous aviez votre meilleur ami qui vous conseille professionnellement tous les quinze jours, c’est génial !