« J’essaie de casser les codes et d’être un banquier qui change d’allure »,

Explique David Philippe. Il est très sérieux quand il le dit. Et puis on devine une pointe de goguenardise dans sa voix. Il a trouvé une jolie tournure de phrase et s’en amuse : son âme d’enfant. Fêtard, chambreur, les gens qu’il aime, il les taquine avec délectation. Qui pourrait croire qu’il est banquier ? Personne. Et pourtant… il vient de quitter un poste de directeur d’agence pour devenir responsable commercial pro, un poste fait sur mesure pour lui. « Dans les soirées, je demande aux gens de deviner mon métier, eh bien il ne trouve jamais », raconte-t-il avec le sourire. C’est devenu un jeu. Il ne s’en cache pas. Il n’était pas prédestiné à devenir banquier.

Dans le Sud depuis 2005

Le Sud, il y est venu en 2005 pour un BTS de commerce en alternance. « Je viens de Franche-Comté, tout à droite de l’Hexagone, là où il neige, où l’on mange de la saucisse cuite et où les gens sont sympas », résume-t-il. 8 mois après son arrivée, il signe un CDI à la Banque populaire de Béziers faute d’employeur pour son BTS commerce. « En 2010, je rencontre ma femme et ses deux filles. Nous en avons eu 2 autres depuis. J’ai 5 filles à la maison. J’ai toujours adoré les gosses ! »

Se donner à 300 %

En 2012, on lui propose de rejoindre le service d’animation commerciale de la Banque Populaire du Sud. « Le rêve. » Il forme, il coache et accompagne les collaborateurs en agence. « Je me baladais sur la moitié de l’Hérault. Je pense que j’ai excellé à ce poste. Être un électron libre, j’adore ça », explique-t-il comme une évidence. En 2015, on lui demande d’endosser le rôle de sous-directeur d’agence du Polygone à Montpellier. 10 collaborateurs, une grosse agence. Il dit oui et apprend tout sur le tas. David n’a pas peur de la difficulté, c’est un bosseur, il se donne à 300 %. Il est comme ça, notre chaleureux banquier. Il apprend vite et marche à l’instinct. Ça fait parfois hurler sa femme. Récemment, il a acheté un hamster pour faire plaisir à ses filles, alors qu’il partait simplement faire des courses…

Intérêt pour les gens

En 2018 : il devient responsable commercial pro. Son job : gérer et développer un portefeuille d’entreprise, manager une succursale, piloter 5 chargés de clientèle professionnelle et 3 directeurs d’agences. « Ce qui m’intéresse ce sont les gens. Que vais-je leur apporter ? Comment vais-je les faire monter en compétences ? Je m’épanouis avec eux. C’est comme cela qu’on s’enrichit. » Un poste sur mesure qui combine ses expériences d’animateur, de commercial et de conseil auprès des chefs d’entreprise. Et une approche toute à lui.

Accompagner le dirigeant : un état d’esprit

« Ma vision de mon métier ? Être proche du dirigeant, lui apporter des solutions au-delà de la partie purement bancaire et de mon panel d’outils. Quand tu es dirigeant d’entreprise, tu peux être dépassé par un événement. Je leur donne des conseils, mais pour mieux les accompagner, je propose aux dirigeants de travailler avec ses partenaires. »

Ils peuvent les appuyer, leur permettre d’anticiper, de préparer les choses qui permettront, pour sa partie, de financer leur entreprise.

S’imprégner de son environnement

C’est un peu comme le foot dont il est passionné, faut une équipe pour arriver au but. « C’est mon état d’esprit », résume David aujourd’hui converti au trail de 30 km. Il s’entraine avec ses amis, ils se conseillent sur leurs préparations et puis ils partent ensemble en week-end, partagent, échangent. Une fois que ses jambes sont lancées, il s’écoute courir, son rythme, sa respiration, lui. Il court sans écouteurs et s’imprègne de son environnement. Il se vide la tête et se ressource. Un aspect primordial de son équilibre comme l’est sa vie de famille « Avec les filles, je reviens à l’essentiel. On va se balader, on revient avec plein de petites choses qu’on met dans un pot en verre. Je suis très spontané. J’aime aussi cueillir les champignons avec mon père et lui poser des tas de questions comme quand j’avais 10 ans. J’ai envie de profiter des choses. Finalement, c’est ça la vie ! »

Avec un chef d’entreprise, devenir plus accompagnant que banquier 

Il aime la vie, les hommes. C’est pourquoi rentrer dans le monde du chef d’entreprise s’est facilement fait. Il monte en compétence et progresse vite grâce à ses managers. Parmi eux, Pascal Besse directeur d’agences : « Il avait une vision du professionnel plus économique que comptable. Qui est-il ? Pourquoi avoir monté sa boîte ? Quelle est son activité ? Quel est son quotidien de chef d’entreprise ? J’ai attrapé la culture économique. Quand tu t’intéresses à un chef d’entreprise, tu deviens plus accompagnant que banquier. »

Transformer les difficultés en opportunité

Après, c’est aussi une façon d’être au quotidien. Son langage est toujours simple et facile d’accès. Il désacralise le métier de banquier autant qu’il le peut, montre à ses collègues qu’on n’est pas toujours obligé de se prendre au sérieux. « J’ai gravi les échelons différemment de mes collègues. Je suis passé manager sans avoir géré de portefeuille pro. Je leur ai montré que je pouvais le faire, j’aime bien ! Un collègue m’a dit qu’il me respectait parce que personne ne croyait en moi et que j’avais démontré que je me débrouillais très bien. » Il est fier et il a raison, il a travaillé pour y arriver. « J’ai aimé être dans la difficulté dans ma vie professionnelle. Je n’ai pas choisi côté personnel le plus simple non plus en épousant une femme divorcée avec deux enfants. Mais c’est ce que je voulais. » David profite de la vie, fait des difficultés des opportunités pour lui et pour les autres.