Ils sont avocats. Justine est spécialiste du droit fiscal, Nicolas du droit des sociétés. Leur point commun : de l’énergie à revendre et une capacité à travailler tout en finesse des situations juridiques et affectives complexes. Portraits croisés.

Elle écoute de la musique pour travailler. Du piano, beaucoup… Son travail ? Le droit fiscal. « Je m’occupe de la relation avec l’administration fiscale. J’accompagne et je conseille les entreprises sur les questions d’optimisation de leurs impôts (entreprise, patrimoine). Le contentieux constitue l’autre partie de mon activité. » Elle aime beaucoup la technique de cette partie du droit. Nicolas, lui, est spécialiste en droit des sociétés. « De la naissance à la mort d’une entreprise, je conseille les dirigeants. Création de la société, associés qui entrent, qui sortent du capital, départ à la retraite dans des conditions complexes, je suis présent… » Une matière que Nicolas a choisie en toute conscience. « J’éprouve de l’empathie pour les autres et derrière les décisions, les soucis, il y a des humains, de l’affect. On ne peut pas travailler sans prendre en compte la part psychologique inhérente à l’individu. ». « Les autres matières du droit comme le pénal ou le droit de la famille m’auraient touchées trop profondément pour rester lucide et efficace dans les dossiers. Il ne faut pas oublier aussi le rôle du conseil qui vient dépassionner l’engagement du client pour l’aider à atteindre son objectif. » Il choisit donc le droit des sociétés plus froid, émotionnellement moins chargé. Nicolas ne regrette pas : « Je suis un partenaire, un confident à bonne distance. »

Face aux situations d’urgence, la technique et l’empathie

C’est régulièrement dans des situations d’urgences que les dirigeants les contactent. « Ils sont en état de stress intense. Notre entretien les apaise. Ils y voient plus clair, car nous y posons le cadre rassurant du droit. On peut alors se pencher avec eux sur les solutions. », dit Nicolas. « Il faut que se crée alors une relation de confiance. Situation familiale, patrimoine… souvent les gens ne comprennent pas pourquoi nous nous intéressons à leur vie privée, mais nous avons besoin de saisir le contexte dans sa totalité pour les conseiller au mieux. » C’est au cœur de ces situations complexes qu’ils déploient tous deux empathie et maîtrise technique.

Leur respiration : enfants, sport et violon

Pour éliminer le stress, Nicolas fait du sport. Il reprend juste après une rupture des ligaments croisés. « Ça m’a beaucoup manqué ! J’ai besoin de me dépenser. En plus, j’ai arrêté de fumer. » Il a embauché un coach pour le cardio, il court et teste pour le plaisir le badminton avec un copain. « Quand je cours, je fais le vide dans ma tête. Je n’aime pas la course en soi, hormis la notion de performance. Cela me fait mal au genou pour le moment. Mais avec de la musique, du rock surtout, ça passe. J’écoute du rock, de la soul des années 1970. Et des fois France info. Avec ma femme, nous aimerions bien faire un trail. » Justine, de son côté, s’occupe de ses deux filles, s’adonne à des jeux créatifs, au dessin, fait du vélo : « Heureusement, j’ai un emploi du temps élastique et c’est une chance pour moi. Je ne peux pas imaginer ne pas les voir, même un peu tous les soirs. » Elle pratique également le violon, un instrument qui l’accompagne depuis son enfance, « car cela lui vide la tête ». Dégager du temps pour cette activité est cependant devenu difficile ces dernières années : « C’était ma résolution 2019… », explique-t-elle avec un peu de déception. Nicolas lui aussi a des enfants, deux, de 4 et 8 ans. La gestion des plannings, entre son travail et ses activités sportives, il connaît.

Un exemple de complémentarité

Justine et Nicolas se sont rencontrés chez FIDAL où ils travaillaient. Ils décident de s’associer. Ensemble, ils traitent notamment des dossiers de transmissions d’entreprises. « Mon travail de conseil est dans ce cadre très lié au travail juridique de Nicolas. Un schéma de reprise, de transmission (acquisition ou vente) d’entreprise est réalisé avec une analyse du risque et du coût fiscal lié à l’opération. Dans ces cas-là, nous sommes complémentaires », explique Justine. « Nous sommes la tête et les jambes », ajoute Nicolas avec le sourire.

Une vision systémique, des solutions adaptées

Un travail qui demande une très bonne connaissance de l’environnement, du secteur d’activité du métier : « Nous avons besoin de comprendre ce que font les gens pour obtenir une vue d’ensemble. C’est important pour élaborer une solution adaptée. » Et ça, ils adorent tous les deux : découvrir une situation, comprendre le contexte, rencontrer des gens et entrer dans leur univers. Un peu comme quand on découvre un autre monde, à l’image des découvertes que Nicolas fait quand il se plonge dans la bande dessinée, de Blueberry à Buck Danny, qu’il affectionne particulièrement.

Deux professionnels, une détermination

Ce travail, s’ils aiment le réaliser en équipe, ils en apprécient également son implication individuelle. Justine s’occupe des redressements, des contentieux avec l’administration fiscale. C’est encore un autre aspect de son travail, très instructif. Le contentieux, c’est une partie d’échecs, qui repose sur une approche stratégique et tactique. Dans le droit, tout est une question d’angle de vue. Elle essaie de convaincre ses interlocuteurs de regarder les faits selon son angle. « La vision de l’administration fiscale dans le contentieux m’est d’ailleurs très utile dans mes conseils aux dirigeants. » Pour Nicolas, l’enjeu technique de son action repose sur les outils juridiques à sa disposition, eux-mêmes en constante évolution. Il se doit de les utiliser de manière efficace et innovante. La routine est son ennemie. Tous deux ont fait de leur engagement personnel une association dynamique où se mêlent maîtrise, détermination et humanité.